Collection de cannes anciennes à Galerie d'art Patrick Gutknecht : Canne Ben Akiba

Canne Ben Akiba

Canne appareil photo dite « Ben Akiba » à poignée béquille en métal argenté contenant le mécanisme et des bobines de rechange, et sur laquelle se trouvent la clé pour faire avancer le film ainsi que l’obturateur auto-armant qui se déclenche en tirant sur un bouton placé sous l’objectif de f9/35 mm. Une seule vitesse: 1/25 et pose.

Fût en bois verni noir.
Inventée par Emil Kronke, fabriquée par A. Lehman à Berlin, 1903 (brevet déposé le 13 août 1902 en Angleterre, en 1903 en Allemagne, et le 3 mai 1904 aux Etats-Unis)

C’est la seule canne appareil photo qui a été manufacturée en série et dont nous connaissons aujourd’hui quelques exemplaires. Elle emploie de la pellicule de fabrication non standardisée: des bobines de roll-film, rechargeables en plein jour, de 1,8 cm de large et 70 cm de long permettant 20 vues de 13 x 25 mm.
Comme la poignée contient 6 bobines: la débitrice, la réceptrice et 4 bobines de réserve et le fût une dizaines, la canne permet de prendre 350 clichés, ce qui apparaît dans la publicité de l’époque.

Le nom Ben Akiba provient du rabbin juif du IIe siècle Akiva ben Yosef, souvent appelé Rabbi Akiba.  Le choix de ce nom s’explique par une expression allemande très populaire au XIXe siècle popularisée par l’écrivain Karl Gutzkow dans sa pièce de théâtre « Uriel Acosta » (1846). Dans cette pièce le personnage de Ben Akiba répète constamment le dicton « Alles schon dagewesen » (tout a déjà existé).  Lorsque l’inventeur allemand Emil Kronke fait breveter ce modèle de canne-espion en 1902 le concept de la « canne appareil photo » n’est pas entièrement nouveau; d’autres modèles existaient déjà depuis une douzaine d’années.  L’inventeur a donc nommé sa création « Ben Akiba » par ironie. C’était une manière de dire « Tout a déjà été fait, mais nous le réinventons de façon parfaite ».

Des copies de cette canne ont malheureusement été réalisées à partir d’un modèle original il y a déjà un certain nombre d’années et il faut être très attentif pour pouvoir faire la différence. Comme souvent la provenance est très importante.


RéférencesBibliographie: M. Auer et E. S. Lothrop, « Les appareils photographiques d'espionnage », éd. epa, Paris, 1978, ill. pp. 80-81; C. Dike, « Les cannes à système », éd. de l’Amateur, Paris, 1982, p. 94, ill. 10/9; P. Gutknecht et al., catalogue de l'exposition « La canne et ses mystères », Musée de C