Guy Gilles est né en 1938 à Alger
A 20 ans à peine, Guy Gilles tourne à la fin des années 50 ses premiers courts-métrages en Algérie, sa terre natale où il passe son enfance et son adolescence. Profondément marqué par la lumière méditerranéenne et le souvenir de sa mère disparue, les films en porteront la trace tout au long de son œuvre. Mais c’est Paris, où il s’installe en 1960, qui reste la ville la plus filmée par le cinéaste, ville rêvée où tout lui semblait possible, où la liberté l’emportait sur les jours difficiles. Gare, cimetière, jardins, chambres d’hôtels, cafés, Guy Gilles filme par touches, s’échappant toujours de son récit principal pour glisser vers des dérives poétiques et impressionnistes : regards de flâneur pétri aux puissances sensitives du monde.
La récente excavation d’une série de ses clichés photographiques témoigne d’un acharnement à se faire toujours plus perméable à un environnement, fondre dans un paradis « d’atmosphères ». C’est ici un cinéma buissonnier qui se joue, le film de la vie comme elle va, comme le cinéphile s’y retrouve, les yeux éblouis de projections visuelles et de torrents narratifs. Ces vues d’un permanent voyage sont tout aussi bien fossiles d’un regard d’innocent en surprise perpétuelle : Il se baigne à nu, enfant prisonnier d’un été qui ne devrait jamais finir, qui n’en finira jamais plus ; Une éternité fixée à jamais aux grains de pellicule instantanée. Aujourd’hui, suivre le cours de ses images, c’est y retrouver les madeleines d’un Proust plasticien, succomber aux remembrances de la terre natale à tous communiquées, universelle Algérie.
Il décède à Paris en 1996.